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Restauration du bâti rural cantalien

Restauration

Les restaurations de maisons paysannes cantaliennes sont fort heureusement nombreuses. Il est cependant à souhaiter qu'elles permettent de conserver le plus possible l'authenticité, sinon l'âme, de ces demeures :

La Gravière, 1976.

1976

 

La Gravière, 2014.

2014

 

Mettons en exergue cette ferme de l'Aubrac cantalien : bien de famille, conservée presque religieusement, elle est admirablement entretenue. Sa toiture a été récemment refaite en lauzes. Ses propriétaires, qui n'ont demandé ni reçu aucune aide, mériteraient un prix :

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Ferme restaurée en Aubrac cantalien

 

Aux nombreux documents d'aide à la restauration présents sur le site national de MPF et auxquels nous ne pouvons que renvoyer, ajoutons ici :

  • L'excellent document qu'avait rédigé le regretté Jean-Pierre Demario sur les maisons du pays et qui n'a rien perdu de sa pertinence (seuls certaines adresses et renseignements pratiques y sont évidemment obsolètes)
  • Le document de 4 pages édité par MPF dans les années 90. En voici 2 pages de recommandations à télécharger (par Claude Gauthier)

 

Abandon, défiguration... : le patrimoine cantalien en péril

Les menaces s'aggravent sur ce patrimoine rural, dont la valeur est pourtant exceptionnelle.

Le pigeonnier de la Prade, déjà cité, est fort beau, mais il est hélas orphelin, et depuis assez peu de temps :

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Grange et pigeonnier de la Prade

Parmi d'autres disparitions regrettables et qui auraient pu être évitées, celle de cette modeste échoppe de Yolet. Ce qui en restait en 2014 a disparu en 2015, avantageusement remplacé par un petit parking :

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Autre in memoriam : cette maison du Veinazès, photographiée ici en 2011, a disparu. Ou plus exactement, elle vient d'être tellement défigurée par une "restauration" -  florilège de tout ce qu'il ne faut surtout pas faire - qu'il aurait peut-être mieux valu qu'elle disparaisse définitivement :

468 retouchée

Voici en effet ce que cette maison de la commune de *** est devenue :

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 (on a tout de même échappé au crépi de ciment)

Exemple aussi de l'ancienne (doublement) auberge de Badailhac :

Badailhac 2006

Badailhac oct. 2017

 

- Les burons ont pour beaucoup disparu. Ils sont désormais très recherchés. Depuis plusieurs années une association tente de sauver ceux qui subsistent. Grâce à elle, plusieurs burons ont été restaurés et mis en valeur. Elle a également édité une carte des burons du Cantal.
Il s'agit de l'Association pour la sauvegarde des burons du Cantal. Son siège est au Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne (Place de l'Hôtel de Ville, 15300 Murat).

L'abandon des bâtiments agricoles revêt un caractère particulièrement grave pour le patrimoine rural cantalien, dont les granges sont un des plus beaux fleurons.

Actuellement, un cas particulièrement déplorable est celui de la grange de la Borie Haute, qui fait partie d'un très bel ensemble rural - type du grand domaine - situé à proximité immédiate d'Aurillac, et sur la commune même d'Aurillac.

En effet, depuis 2011 cette grange, datée de 1707, n'a plus de couverture : celle-ci, déjà fort dégradée, a été vendue par son propriétaire. Ses lauzes étaient faites d'un rare schiste vert. Depuis, il ne reste plus que quelques éléments de la volige et c'est à une véritable mise à mort de ce bâtiment que l'on assiste :

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Grange de la Borie-Haute (commune d'Aurillac), juillet 2012.

la Borie Haute, mars 2015

la Borie Haute, mars 2015

Le très beau pigeonnier qui accompagne cette grange, pigeonnier sur pieds avec soubassement voûté (la voûte étant constituée d'un tuf spécial choisi pour sa légèreté) semble lui aussi laissé à l'abandon : les bestiaux y circulent librement...

2016 : ce scandale perdure.

 

Autre grange, plus qu'en péril : elle se situe pourtant dans "un des plus beaux villages de France" :

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- A Salers, l'extension" contemporaine" récemment ajoutée à la maison de retraite peut être légitimement considérée comme venant non seulement défigurer ce bâtiment du XVIIIe siècle, mais le site de Salers dans son ensemble :

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Urbanisation anarchique et mépris de l'habitat rural :

La transformation récente des abords sud de la ville de Mauriac est hélas exemplaire. Cette affligeante banalisation représente, outre le saccage d'un bâtiment rural intéressant et de son environnement, la négation même de ce que devrait être un urbanisme digne de ce nom. Urbanisme qui aurait dû, en l'occurrence, respecter le caractère de "ville à la campagne" de cette modeste sous-préfecture cantalienne :

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Ajoutons que cette grange vient finalement d'être détruite (2016) : seul subsiste - heureusement préservé - le poteau électrique visible à sa gauche.

 

Mais il serait injuste de ne mentionner que le cas de la ville de Mauriac. Alors que la ville d'Aurillac est en déclin démographique, son agglomération s'étend par des lotissements de qualité médiocre. Le paysage du bassin d'Aurillac en est gravement altéré, pendant que s'accélère la disparition des meilleures terres agricoles du département. Du côté oriental, la dégradation de la vallée de la Jordanne s'accentue.

Nos édiles, plutôt que de faire des voyages d'étude sous les tropiques, ne pourraient-ils aller plutôt en Grande-Bretagne prendre des leçons d'urbanisme et de respect de l'environnement ?

 

Le vandalisme s'en prend même aux buronsainsi de ce buron proche du col d'Eylac, situé au pied du Puy Mary, dans l'un des plus beaux sites montagneux du Cantal : on est là dans le "Grand site du Puy Mary". Or ce buron vient d'être reconstruit (pour quelle raison d'ailleurs l'avoir démoli ?) dans un "style contemporain" :

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Sans commentaire...

Ou plutôt un seul commentaire, qui suffit à condamner cette "restauration" : la pierre utilisée en "façade" sur route - pierre qui de loin ressemble tellement à du parpaing - est la dolérite de Bouzentès, roche propre à la planèze de Saint-Flour et bien reconnaissable grâce à ses veines caractéristiques de pegmatitoïde. Pierre donc qui n'a rien à faire ici, en plein coeur du massif cantalien. C'est soit de la brèche volcanique, soit une trachyandésite qui aurait dû être employée ici !!!

 

Mais terminons plutôt sur cette image de l'"Auvergne absolue" :

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